samedi, avril 26, 2008
mercredi, février 27, 2008
Le Pérou 2 : ben oui, c'était le Pérou!
Après être revenus à Cuzco en train et avoir passé le jour de l'an, encore sur la place principale de Cuzco, mais malades tous les trois cette fois (intoxication alimentaire peut-être de mon souper d'anniversaire!?), on doit déjà faire nos adieux à Dayra, qui doit retourner à Bogotá. De notre côté, avec Eri, on prend le chemin de Puno, sur les rives du lac Titicaca. On aimera bien l'ambiance du lac navigable le plus élevé de la planète, avec ses îles flottantes de la communauté Uros et l'île Taquile, très jolie, bien que très touristique. On visitera aussi un bateau exceptionnel, le Yavari. Transporté en pièces détachées depuis l'Angleterre en bateau jusqu'à la côte Péruvienne en passant par le Cap Horn et à dos de lamas et de mules par dessus les Andes jusqu'au Lac Titica à 3810m d'altitude et près de 300 km plus loin, il arrivera à Puno plus de six ans plus tard où il y sera assemblé et mis à l'eau, en 1862. Aujourd'hui restauré, grâce à des fonds privés, il navigue de nouveau sur les eaux bleues foncées du Lac Titicaca. Pour plus d'intéressantes informations, vous pouvez consulter : http://www.yavari.org/
Eri avait envie de connaître La Paz, en Bolivie, qui n'est qu'à 5 heures de bus de Puno. On y passe donc quelques jours. Malgré ce qu'on dit, La Paz, n'est pas la capital la plus élevée du monde, malgré ses 3650m... tout simplement parce que l'unique Capitale constitutionnelle de Bolivie est Sucre! Pour vous faire un brin d'histoire, c'est pour mettre fin à une guerre civile très sanglante et très sale qu'en 1899 les pouvoirs exécutif et législatif ont été déplacés dans la ville andine alors que Sucre gardait le pouvoir judiciaire. Et comme j'ai pu voir plus tard dans mon voyage à Sucre, tout ça fait toujours l'objet de débats très intenses... et les Sucrenses (les habitants de Sucre) ont toujours sur le coeur que La Paz leur a "volé" le gouvernement. À part cela, La Paz, c'est une grosse ville, bâtie sur près de 1000m de dénivelé, poluée, plus ou moins intéressante. Enfin si ce n'est de son altitude et du fait qu'on y est toujours essoufflé à cause de la dite altitude à toujours monter ses rues étroites et pentues... et c'est impressionnant de voir que près de deux millions de Boliviens peuvent vivre et qu'une ville peut s'organiser si haut! Après 3 jours à faire le tour de la ville et de ses environs, on retourne au Pérou.
À peine revenus à Puno, on saute dans un Tuc-tuc, ou Moto-Taxi, et on prend un bus pour Arequipa. Arequipa, c'est la cité blanche... construite de pierre blanche abondante dans la région, le sillar. On fait vite le tour de la jolie ville, notre fait-saillant étant un musée exposant des momies d'enfants retrouvées récemment à la base d'un glacier dans un massif montagneux du coin. Incroyable de voir l'état de conservation des corps... La chevelure de l'enfant exposé (les autres momies sont gardées au congélateur), est presque aussi lisse et reluisante que les jolis cheveux d'Eri! On se remet de nos émotions et on part avec un tour organisé pour deux jours vers le Cañon de Colca, le plus profond au monde avec ses 3300m! Malheureusement pour nous, les nuages sont au rendez-vous... on n'en apercevra que l'entrée. Pour nous consoler, on verra deux condors, un pont Inca de pierres et ce qui m'a le plus impressionné, le chemin passera par une impressionnante faille terrestre très visible et très active, où (cherchez à comprendre!!!) des gens vivent encore malgré les nombreux et violents tremblements de terre. Le village de Maca est construit exactement sur la faille!
Le voyage d'Eri tire à sa fin... on doit se presser... On passe donc quelques jours à l'inintéressant village de La Punta/Camana sur la côte Pacifique. Mais après des jours dans le froid, on a tous les deux besoins d'un peu de temps à ne rien faire au chaud sur la plage! Résultat : jolis coups de soleil bien rouges pour Erika qui n'est pas allée à la plage depuis un bout! Après avoir fêté l'anniversaire de la hermosita dans un resto, la compagnie de bus lui offre un joli cadeau : attendre pour une infinité de temps le bus pour Nasca! Il arrivera à 4h du matin finalement... alors qu'on essayait de dormir sur un vieux matelas dans l'espèce de garage sale qui faisait office de terminal!
Arrivés à Nazca, on se met à la recherche d'un tour pour voir les fameuses lignes géantes visibles vues du ciel (triangles, rectangles, et animaux de tout genre, et même ce qui ressemble à un astronaute!) On ne sait pas trop quand (entre 200 AvC et 700 ApC), comment, et et surtout pourquoi le gens de la culture Nazca les ont fait, et ce n'ai que récemment, il y a moins d'une centaine d'années qu'elles ont été découvertes. Certains pensent qu'elles forment un calendrier astronomique géant, d'autres qu'elles faisaient parties de rites religieux et d'autres que c'était des signes et pistes d'atterrissages pour extraterrestres! On se dit que nous avons juste à les voir nous même pour se faire une idée. On saute donc dans un Cessna et après une demie-heure de vol où le pilote fait virer l'avion à gauche, puis à droite, et re-virer à gauche et re-virer à droite pour bien voir les figures... après une demie-heure de voltige donc... et 40$US chacun plus tard... notre conclusion : c'est qu'on a mal au ventre! On ne percera pas le secret des lignes de Nazca, désolé!
Retour à Lima où Eri doit prendre l'avion le 17 janvier. C'est fou, ça fait déjà quatre semaines qu'on voyage ensemble! Le temps a passé si vite! On s'est tellement amusé, on était si bien à voyager ensemble... On profite des derniers moments pour visiter Miraflores, la partie riche et côtière de Lima. Et c'est déjà le temps des adieux.. Snif... Enfin, je sais que ce ne sont que des aux-revoirs, parce que ça ne peut pas finir ainsi.
Je me retrouve donc seul et triste à Lima. J'y reste encore quelques jours, le temps de graver des DVDs de photos que j'enverrai chez mes parents comme plus ou moins à tous les mois comme sécurité (ça en fait des photos et des gigs de photos après un an!). Puis, je passerai deux petits jours à Huaraz dans la magnifique cordillère blanche où je ne pourrai que faire une unique mais magique randonnée vers la laguna 69 : des paysages époustouflants! C'est que je dois me rendre au Chili rejoindre rapidement John, mon ami des premières semaines en Colombie et au Vénézuela. Le 23 janvier, après près de 26 heures de bus, je quitte le pays des Incas... un peu amer car c'est avec un lecteur MP3 et écouteurs, une lampe frontale, mon T-shirt du Salvador et une paire de bas en moins... les premières choses qu'on me vole en un an de voyage... tous dans le même pays! Intéressant et triste de voir que c'est par coïncidence le pays le plus touristique que j'ai visité...
Enfin, il reste que "c'était pas l'Pérou!" Euh... Enfin, oui, c'était justement le Pérou! :o)
Le Pérou 1 : c'est pas l'Pérou!
Un autre retour en arrière... de près de 2 mois!
Mi-décembre 2007, j'arrive donc au Pérou. Comme la majorité des frontières en Amérique Latine, il faut passer un pont pour aller depuis l'Équateur au Pérou à la frontière de Macara. Et comme pour la majorité des postes frontières, les douaniers sont plus intéressés par leur match de Foot que par votre passeport! C'est donc un passage de routine qui me mène à Piura, Pérou, dans un bus direct depuis Loja, Équateur. Je rencontre trois suédoises et une hollandaise dans le bus, avec qui nous choisissons un hôtel, rien de mieux que l'Hôtel California, pour passer la nuit avant de prendre un bus le lendemain dans l'après-midi à Trujillo. Piura et Trujillo sont deux des premières villes fondées par les espagnols à leur arrivée aux Amériques en 1532 et 1534. Il ne reste pas grand chose de cette époque à cause des nombreuses destructions des tremblements de terre dans la région. Mais on visite ces villes surtout pour leurs ruines pré-colombiennes. Malheureusement, je n'ai pas le temps de visiter Sipan près de Piura, mais on passera une journée dans les ruines autour de Trujillo. Les ruines de Chan Chan et de la Huaca del sol seront les plus intéressantes du Pérou pour moi... Surtout quand on sait qu'elles ont plus de 1000 ans!
Je me dirige par la suite à Lima où j'attends Erika qui vient me rejoindre pour 4 semaines le 23 décembre... Sa soeur Dayra sera avec nous jusqu'au 2 janvier. Lima est intéressante, et jolie... surtout son centre avec son architecture coloniale. Mais on a vite fait le tour. C'est le genre de ville où pour l'apprécier, il faut rester longtemps je crois. À peine le temps de visiter Lima, que nous voilà dans un bus pour Cuzco, autre ville colonial... un bon 22h de route! On y arrive donc la veille de Noël... Il y a près de 500 ans, il faut s'imaginer que cette ville était pleine d'espagnols excités par les quantités d'or qu'ils trouvaient dans les citées Incas. D'ailleurs, Cuzco a été bâtie sur la capitale même de l'Empire Inca après que les envahisseurs en aient massacrée la population et volé son or... ce qui en fait l'agglomération qui a été le plus longuement occupée sans interruption en Amérique. Les espagnols ont même poussé l'audace à construire directement leurs églises et bâtiments à même les constructions Incas. Mais, bien fait pour eux, leurs constructions n'ont pas tenues aux tremblements de terre fréquents de la région alors que les murs Incas, sont bien restés debout! Il faut dire qu'ils sont impressionnants ces murs avec leurs pierres taillées et ajustées à la perfection! On passera donc le réveillon de Noël sur la plaza de Armas, au milieu des feux artifices lancés à la main et de la foule, mélange de touristes et de locaux.
À peine le temps de se remettre des festivités de Noël que nous voilà embarqués, Erika, sa soeur Dayra et moi, pour un trek... le fameux Chemin Inca qui se rend à la fameuse cité de Machu Picchu. Quatre jours de marche, sur la piste empruntée par les Incas depuis des siècles! Pas le choix de faire le trek avec un tour, et d'ailleurs, les places sont toutes réservées plus de deux mois à l'avance! L'avantage, c'est qu'on a deux guides pour nous expliquer les ruines tout au long du chemin... Toutefois, pas trop l'impression qu'on fait un trek, car les déjeuners, dîners et soupers nous attendent, préparés (par contre, c'est pas mauvais!) par l'équipe de porteurs qui nous précède. Il en est de même avec les tentes, pré-montées pour nous. En plus, tout est réglé à la minute près. On perd un peu de liberté. Pourtant, on apprécie vraiment les paysages et ce n'est pas non plus une ballade tranquilo vue le nombre de marches qu'il faut monter ou descendre chaque jour, les dénivelés importants que l'on doit affronter et le fait de devoir se lever à 4 ou 5 heures du matin dans un froid humide et alors qu'il fait encore noir. Côté météo, on est chanceux sauf au troisième jour, entièrement sous la pluie! Arrive enfin le quatrième jour, et la fameuse porte du soleil : dans 5, 4, 3, 2, 1 marches... La voilà! Machu Pichu! Vue de haut, elle est impressionnante dans la lumière du matin. C'est l'avantage de faire le trek du Camino Inca, car les touristes qui ne le font pas arrivent par en-dessous et plus tard dans la matinée. Après une heure de descente et s'être arrêtés pour prendre la photo carte postale que tout le monde connaît de la cité, nous voilà enfin sur le site. En passant à l'entrée, je me désole de voir les prix au restaurant : plus de dix fois les prix normaux péruviens! On passera des heures à parcourir les ruines, de bâtiments en bâtiments, que nous expliquent Pépé et José, nos guides. Avec Eri, sur la fin de la visite, on relativise un peu... Datant du 15ième siècle, se sont des ruines relativement jeunes comparativement à certaines ruines Mayas par exemple qui datent de plus de 2000 ans ou encore aux vestiges des civilisations Asiatiques, comme la muraille de Chine qui a plus de 2000 bougies elle aussi! Et quand on pense à la complexité et au niveau de raffinement de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, qui date, elle, du 12ième siècle, les constructions Incas paraissent bien primitives malgré la qualité impressionnante des assemblages de pierres. Mais il y a quand même quelque chose de magique avec Machu Picchu. Le fait qu'elle soit à 2350m, ainsi perchée, loin de tout, isolée, et que les espagnols ne l'aient jamais trouvé expliquent certainement sa réputation internationale et le fait qu'elle est maintenant des 7 "nouvelles" Merveilles du Monde (actualisées en 2007). Et de s'y rendre à pied, en marchant plusieurs jours... bien que se soit hyper-touristique, c'est une expérience à vivre définitivement! Et quand en plus, on y fête son anniversaire et avec quelqu'un de bien spécial... bref, elle restera gravée longtemps dans ma mémoire!
À suivre...
jeudi, janvier 31, 2008
Un an : pour faire le tour.... du soleil!
Et oui, ça fait exactement un an que je suis parti! J'ai fêté ça par une coupe de cheveux... et ce weekend à Oruro, c'est le carnaval, ça tombe bien!!! Enfin, si j'arrive à trouver un endroit pour dormir pas trop cher, parce que loi de l'offre et de la demande oblige, les prix des logements ont plus que triplés pour la fin de semaine!
Je vais encore devoir faire un retour en arrière dans mon prochain article, parce que je n'ai toujours rien raconté de notre séjour au Pérou avec Eri, et comment je suis arrivé en Bolivie depuis le Pérou en passant par le Chili!
Mais bon, concentrons-nous sur une année complète à voyager! 15 pays, et des milliers de kilomètres parcourus en bus, taxi, voiture, camion et camionette, train, vélo, moto, bateau à voile, lancha, traversier, canoa, cyclo-taxi, moto-taxi, avion, et bien sûr à pied... Des centaines d'hotels, hostals, hospedajes, alojamientos, etc. Une infinité de paysage et de gens... Des centaines de rencontres... et une bien spéciale en Colombie... :o)
Mais je ne rentre pas encore... il me reste 4 ou 5 pays que je veux voir, connaître... et je veux me rendre jusqu'en Patagonie... jusqu'à la dernière ville des Amériques, Ushuaia. Et le budget le permet, alors pourquoi pas! Pas prêt pour le retour à la routine et au travail... Mais cela ne veux pas dire que je ne m'ennuie pas du Québec, de Montréal, des amis, de la famille... les retrouvailles seront pour quelque part en fin de printemps, début d'été, mais je vais d'abord finir ce que j'ai commencé! Un an ne m'a pas suffit pour faire le tour des Amériques, mais ironiquement, pour faire le tour du soleil, si!
Je vous retrouve dans quelques jours j'espère, pour les détails sur les dernières semaines!
dimanche, décembre 23, 2007
Retour en arrière 5 : Allers et venues entre trois pays...
Après les efforts pour grimper le volcan, je décide de retourner visiter mes amis Nolwenn et César dans la jungle près de Tena. Je vais leur donner un coup de main à leurs cabañas où ils accueillent des touristes dans la communauté Kitchwa de Campo Cocha, près de Tena. J'étais déjà venu ici en touriste il y a deux ans, et j'avais aimé leur projet touristique, à vocation solidaire et écologique. Pour plus d'information, je vous invite à visiter leur site : Cabañas Nanambiiki . Mais cette fois, je suis ici pour travailler et les aider comme je le peux durant deux semaines, en échange d'être logé et nourri (un coup de main aussi à mon budget qui bat un peu de l'aile en ce moment). Je m'occuperai donc des ordinateurs de la communauté, infestés de virus, ou à améliorer les cabanes un peu, ou aider César et ses frères à construire un abri ou un canot à même le tronc d'un arbre, ou encore à traduire de l'espagnol au français les explications d'un guide de la communauté à des touristes français. Bref, du bon temps à se sentir utile, et avec des gens très sympathiques. La famille de César, de son frère Ernesto à la petite Sasie, est adorable, authentique et m'a accueilli les bras ouverts! De bon souvenirs qui resteront longtemps gravés dans ma mémoire, comme cette cicatrice à mon mollet, gracieuseté d'une chienne un peu trop agressive de la communauté! Enfin rien de grave, une visite à la clinique de Tena et deux petits points de sutures! Pendant ce séjour loin de tout, j'ai souvent pensé ce que je devais faire par la suite... Retourner à Quito et après?
Et bien... c'est décidé! Je retourne à Bogotá! Je vais faire un surprise à Erika! Deux semaines de retour en Colombie avant de continuer mon chemin vers le Pérou où je vous le rappelle, je dois la revoir à Lima fin décembre. On est mi-novembre... ça me laissera plus de deux semaines pour arriver à Lima, c'est faisable! Je fais donc les 30 heures de trajet de Quito à Bogotá, sans m'arrêter... Et là un jeudi après-midi, après sa journée de travail normale, j'accueille Erika à la sorti du boulot. Embrassade, et deux grands sourires... On passera deux semaines superbes à Bogotá, où dans la journée, pendant qu'elle travaille, je m'occupe avec ma paperasse de fin d'année. Comme je pense l'avoir mentionné plus tôt, je vais revenir au printemps 2008, ce qui implique prolonger assurances, régler permis de conduire et entreposage de mon véhicule, le tout à distance, avec l'aide précieuse de ma mère au Québec. Donc c'est le temps parfait pour faire tout cela. De plus, je suis bien content de me reposer un peu, de prendre mon souffle avant la suite. Et meilleur passer du temps avec Erika, qui est vraiment une fille spéciale, maintenant que je le peux. Qu'est-ce que représente 30h de voyage à l'échelle de plus d'un an? C'est ça l'avantage d'un voyage comme le miens, je vais où je veux quand je veux!
Deux semaines ça passe vite... trop vite... c'est déjà le temps de faire mes aux-revoirs à Eri, et je suis de retour à Quito le 5 décembre après un autre 30h de bus. Et là, je n'ai réellement pas le temps de perdre mon temps... Adieux à Sylvia à Quito (où c'est la fête de la ville cette semaine) et aux quelques amis qui y sont encore. Puis bus de nuit à Puerto Lopez sur la côte. Je passe une journée sur la Isla de la Plata, la Galapagos des pauvres, où pour une cinquantaine de dollars, on peut voir des fous à pattes bleues ou masqués s'accoupler ou couver leurs oeufs à quelques centimètres de nous. J'aurais bien aimé en voir plus aux Galapagos, mais à 1500$ pour une semaine, c'est hors de mon budget! Par la suite, arrêt au surf-town de Montañita pour relaxer un jour ou deux sur la plage. Puis Cuenca (que je connaissais déjà) et Loja où je prend un bus direct à Piura, au Pérou. Ça y est, j'ai quitté l'Équateur... on est le 16 décembre. J'ai une semaine pour être à Lima!
Retour en arrière 4 : l'équateur et un volcan...
Et oui, de retour en Équateur après plus de deux ans! J'arrive à Quito et je me dirige vers le même hostal que la dernière fois... le fameux Centro del Mundo. Le proprio est québécois et offre à sa jeune clientèle des Cuba Libres gratuits les lundis, mercredis et vendredis! Mais c'est surtout pour la bonne ambiance, les nombreux backpackers et le bas prix des lits en dortoir que j'y reviens. De plus, après presqu'un an à voyager, on a besoin d'un peu de stabilité, de se sentir chez soit, ce qui est le cas ici et à Quito! D'ailleurs, je retrouve Sylvia, une équatorienne d'Ambato que j'avais rencontré lors de mon premier voyage...
Avec Sylvia, on décide de retourner à la Mitad del Mundo, ce site touristique qui est sur la ligne de l'équateur, à moins d'une heure au nord de Quito. Parce que l'équateur passe par l'Équateur!!! Mais au lieu d'aller visiter le monument et le parc touristique que j'avais visité la dernière fois, et que Sylvia connait aussi, on décide plutôt de se diriger au musée Inti Ñan. Mais auparavant, on fait un détour non loin de là pour descendre dans le cratère Pululahua où le paysage est superbe. Ce qui est spécial des randonnés dans les cratères, c'est qu'on commence évidemment par la facile descente... mais qu'il faut remonter par la suite! Bref, c'est toujours plus long que l'on pense! C'est la troisième fois que je me fais avoir! On arrive quand même au musée Inti Ñan avant la fermeture. Un guide nous explique les coutumes et habitats traditionnels équatoriens, mais le plus intéressant est sûrement la série d'expériences que l'on nous démontre sur la ligne exacte de l'équateur (déterminé par GPS par des militaires canadiens dans les années 1990). C'est que c'est la particularité de ce musée, à comparer des autres qui pullulent dans le coin, il est exactement sur la ligne imaginaire! Le fameux monument, où tout le monde se prend en photo, comme moi la dernière fois, est à quelques centaines de mètres de la vraie ligne, mais on se garde bien de vous le dire : un vrai attrape-touriste! Mais ici, le fait d'être exactement sur l'équateur permet de faire une multitude d'expériences scientifiques intéressantes! Comme faire tenir un oeuf cru debout sur une tête de clou, ou voir le tourbillon dans un évier tourner vers la droite ou vers la gauche, ou ne pas tourner du tout, selon qu'il est au nord, au sud ou exactement sur la ligne. Voir des alignements de soleil parfait... Ou encore comment il est difficile de marcher sur l'équateur les yeux fermés, alors qu'à un mètre de là, on y arrive sans problème... On croit que l'on se fait duper par le guide, que de tels phénomènes semblent supernaturelles, etc. Mais au contraire, ils s'expliquent parfaitement tous scientifiquement. En effet, tout est justifié par les effets de la gravité, des forces de Corioli ou l'orientation de la sphère terrestre par rapport au soleil en cet endroit précis. Enfin, les mêmes phénomènes se passent sur toute la ligne équatoriale qui fait, par définition, le tour de la terre! Mais c'est le site le plus accessible en Amérique. C'est d'ailleurs ici que, dès le 16ième siècle, des scientifiques français ont décidé de faire leurs expériences.
Après plusieurs soirées à faire la fête à Quito, il fallait que je fasse quelque chose de moi... On organise donc, avec Alex, un anglais rencontré à l'hostal, l'ascension du Volcan Cotopaxi pour le weekend du 28 octobre. Première étape, trouver une agence, parce que, ni lui, ni moi, n'avons d'expérience et l'équipement pour les ascensions en cordée, dans la neige avec crampon et piolet. Et ce n'est pas ici une balade tranquille, mais une véritable ascension jusqu'au sommet à 5898m! 5898m, c'est 3 fois le mont Washington, le sommet le plus haut de l'est de l'Amérique du Nord... c'est aussi plus de 1000m plus haut que le Mont Blanc, le sommet le plus haut d'Europe Occidentale! C'est aussi le second sommet d'Équateur et le troisième plus haut volcan actif de la planète! J'ai bien dit ACTIF!!! C'est pourtant une ascension facile techniquement, et parait-il qu'une personne en forme peut le faire sans problème. C'est ce que je veux me prouver à moi-même. Mais je veux bien me préparer à l'ascension, alors la veille de l'excursion, on prend le téléférique de Quito vers le Volcan Rucu Pichincha. Nous sommes alors catapultés de 2800m à 4100m d'altitude. On fait une pause d'une heure avant de monter plus, le temps que notre corps s'habitue à l'altitude. La tolérance à l'altitude dépend des individus. Pour moi, par l'expérience des précédentes randonnées, je sais que dès 3000m, je commence à manquer de souffle, et que les maux de tête commencent dès 3500m. Mais avec une acclimatation, c'est à dire passer du temps en altitude, on peut repousser vers le haut ces limites. C'est le but de l'ascension d'aujourd'hui. On monte donc tranquillement jusqu'au sommet du Rucu, à 4700m. J'y arrive avec un léger mal de tête, et un peu en manque de souffle, mais sans grande difficulté. Alex me rejoint au sommet pour voir la superbe vue entre deux nuages une quinzaine de minutes plus tard. Mais il faut déjà redescendre, il se fait tard! Enfin, pas tant que ça, mais on est au niveau de l'équateur, le jour dure de 6h à 18h à l'année longue ici! On arrive à la station du téléphérique à la lampe de poche... le temps de prendre quelques photos de Quito de nuit, on redescend et après un bon repas riche en carbo-hydrate (ça c'est des pâtes!), on se couche de bonne heure.
Lever tôt ce matin, on prend un bon déjeuner. Et on se retrouve à l'agence, où on rencontre nos deux guides et Jared, un ontarien de Toronto qui va monter avec nous. Nous arrivons en Jeep à 4500m au stationnement sur le flanc du Cotopaxi vers midi. Je m'inquiète car le sommet est bien ennuagé, alors qu'on avait un ciel sans nuage lors de ma descente du volcan en vélo de montagne depuis ce même stationnement en été 2005. Mais les guides nous expliquent que c'est normal pour la saison, que le ciel se dégage normalement pour la nuit jusqu'au matin. Et qu'on ne devrait pas avoir de problème au niveau de la météo. Mais assez parlé, on doit grimper avec tout l'équipement, bouffe, sac de couchage, etc, jusqu'au refuge à 4800m. C'est déjà plus haut que la veille, et on est chargé en plus! Bref, on prend une bonne heure, sous quelques flocons de neige, pour grimper les 300m. Et là, le temps court... à peine le temps d'organiser nos affaires et de manger un peu qu'on doit monter quelques 200m jusqu'au glacier pour un cours sur les techniques d'ascension. On pratique les exercices, sans négliger l'indispensable technique d'arrêt de secours avec le piolet au cas où on perd pied. C'est bien amusant tout ça, mais on espère bien sûr ne pas avoir à s'en servir! Une dernière glissade contrôlée dans la neige et déjà de retour au refuge. Un souper riche en calories, et à 19h, on va se coucher... et on essaie de dormir.
Je pense que j'ai à peine dormi deux heures quand les guides nous réveillent à 23h pour se préparer. Parce qu'on grimpe de nuit! À cause des conditions de neige, et des risques d'avalanches, il faut être descendu avant 10h du matin. Alors, on commence à grimper à minuit trente, lentement, mais sans s'arrêter plus de 5 minutes toutes les heures, c'est le mot d'ordre, si on veut arriver dans les temps au sommet. Je suis en cordée avec un guide et Jared, et Alex est avec l'autre guide. Tout va bien, on monte sous la lumière de la pleine lune, lentement, mais sûrement, jusqu'à environ 5500m... Je suis alors bien fatigué et semble manquer de force, malgré le chocolat et autres sucreries qui me donnent normalement un coup de pied au cul, mais je suis content, je n'ai qu'un léger mal de tête, et la détermination d'arriver au sommet. Mais Jared semble avoir des problèmes... maux de tête, pertes d'équilibre... ce sont les signes du mal de l'altitude qui s'installe. Après s'être assuré qu'il pouvait bien continuer, et quelques encouragements (alors que j'en avais en fait moi-même besoin!), on continue... Pour ce qui est d'Alex, on apprendra par la suite que son guide l'a convaincu ici même, une demi-heure plus tard, de redescendre parce qu'ils ne montaient pas assez vite pour atteindre le sommet dans les temps. Il est 4:30, c'est la période la plus froide de l'ascension, et la plus difficile avec un mur de neige à 45 degré à grimper de front, puis quelques crevasses de 30 à 60 cm de large et on-ne-veux-pas-savoir-combien de profond à traverser. Puis un passage très vertigineux, une paroie à 70deg à traverser, un pied devant l'autre... Déjà on croise des gens en train de descendre... ce qui veux dire qu'on est près du sommet... mais on se rend aussi compte qu'on est dans les derniers. On ne doit pas s'arrêter... il est déjà 18h15, le soleil est levé, et ses rayons commence à ramollir la neige. On a encore 100 à 150m à monter. Avancer... ne pas s'arrêter... un pas, un autre. Sept heures, en manque de souffle, on arrive enfin au sommet, 5898m!!! J'en ai les larmes aux yeux... tant d'effort... enfin j'y suis! Une lumière aveuglante, le cratère noir sur la droite, la vue superbe, un peu comme dans un rêve... Je ne garde pas de souvenir plus précis du sommet. Ce que je sais, c'est qu'après avoir pris quelques photos, s'être changé rapidement, on est déjà sur le chemin du retour... une descente de plus de 2 heures... Où on s'arrête par contre un peu plus pour prendre les photos qu'on n'a pas pu prendre de nuit. Arrivée au refuge, mes jambes et mes genoux me font mal... et on a encore 300m à descendre jusqu'au Jeep et 2 heures de route jusqu'à Quito... et 5 minutes de marche jusqu'à l'hostal! Ce n'est qu'allongé sur mon lit et révisant mes photos que j'apprécie enfin vraiment l'ascension!
samedi, décembre 22, 2007
Retour en arrière 3 : Tour de Colombie, suite et Bogotá, prise 3!
J'ai pris une résolution pour la fin de 2007! Je vais essayer de rattraper le retard sur mon blog d'ici la fin de l'année! On est toujours fin septembre dans le récit de mes aventures, ce qui veut dire que j'ai trois mois de retard! Oups! Je vais essayer de me justifier... De un, ça prend du temps écrire... et je n'ai pas que ça à faire, je suis en voyage, moi! Je m'applique à mettre à jour les photos et la carte, ainsi vous savez que je suis toujours vivant, c'est déjà ça... En plus, je dois surveiller mes comptes à distance, « brûler » des DVD de photos de temps en temps et les envoyer à la maison, répondre à vos messages, changer ma musique sur mon lecteur MP3 quand je suis tanné d'entendre les 20 et quelques albums que je peux y copier, en plus de tenir à jour Facebook. Facebook, pour les non-initiés, c'est un site web qui permet de garder contact avec ses amis... et c'est super pour avoir des nouvelles des personnes que l'on rencontre en voyage. Pour en savoir plus, Facebook. Bref, avec tout ça, j'ai une moyenne de plus d'une heure par jour d'Internet!!! Si ce n'est pas deux! Décidément, je suis un prisonnier de l'ordinateur, même en voyage! Le problème, c'est que le moins j'écris, le plus vous m'envoyez vos questions, ce qui est compréhensible... "Est-ce qu'il s'est finalement fait enlevé par la guérilla" vous dites-vous??? Bref, je prend plus de temps à répondre à chacun, dès que je peux... et j'ai donc encore moins le temps d'écrire sur mon blog! M'enfin... Je vais tenir ma résolution!
On revient à nos moutons... Et on passe à l'action, du moins au mouvement! Une douzaine de villes en moins d'un mois!!! Et pour une raison importante, mon visa de 60 jours se termine le 17 octobre et je dois avoir quitter le pays avant cette date si je ne veux pas avoir de problème. On s'était laissé donc à Bogotá, le 24 septembre, où avec une boule dans la gorge, j'ai laissé ma copine Erika. Direction Medellin, la deuxième ville plus peuplée de Colombie avec plus de 2 millions d'habitants. J'y arrive le 25 septembre. Medellin était aussi reconnue pour être le centre de la drogue jusqu'à il y a plus d'une dizaine d'année. Mais depuis la mort du fameux Pablo Escobar en 1993, abattu par la police à Medellin même, les choses ont bien changées. Même si Medellin n'est pas aussi sûr que la capitale et qu'on peut encore y trouver de la coke facilement et à bas prix, on peut s'y promener sans problème le jour ou emprunter son métro moderne (le seul colombien!) ou son metro-cable (un téléphérique à même la ligne de métro) qui permet de se rendre dans les quartiers pauvres haut perchés d'un coté de la vallée qu'occupe la ville. La vue sur la ville dans la vallée est superbe! Mais à part quelques musées intéressants, c'est la ville natale de Botero, l'artiste colombien le plus mondialement connu (après Shakira!) qui peint ou sculpte tout en gros : un gros monsieur, un gros enfant, une grosse banane, un gros couteau, un gros évêque, un gros président, une grosse pomme. Bref, à part les musées, les sculptures grosses de Botero et quelques édifices modernes ici et là, la ville n'a pas grand chose à offrir et est plutôt laide avec ses bâtiments de briques rouges où l'accent n'est pas trop mis sur la finition visuelle. Medellin, on y va surtout pour y faire la fête... au son de toute sorte de musiques, mais, où bien sûr domine la salsa. J'en profiterai aussi, entre deux soirées, pour aller à Guatape, à une heure de là, où un gigantesque caillou (de 220m de haut!) domine un réservoir artificiel formé par un barrage hydroélectrique dans les années 70. Ressortent d'une eau bleue intense, des centaines d'îles. Depuis le sommet du Peñol (le gros caillou), la vue est à couper le souffle!
Bref, après 4 jours à danser jusqu'à 4h ou 6h du matin... je me dirige vers Manizales où je retrouve Erika! Et oui, c'est un long week-end et elle a décidé de venir me rejoindre pour quelques jours. Ça tombe bien, son amie Natalia que j'avais rencontré à Bogotá, vient juste de déménager ici. On visite la ville qui est très calme mais beaucoup plus sympathique que Medellin. Il y a un parc national pas trop loin, le parc national Los Nevados... On s'y rendra pour une randonnée en haute altitude (quelques 4000m) jusqu'à la base des glaciers. La première neige d'Eri! On ne se baignera pas dans les piscines d'eau thermale prévu à la fin du tour. On en profitera pour se reposer (j'ai bien dit reposer!) une petite heure de notre fatigante marche, en se faufilant dans une chambre entrouverte de l'auberge du complexe. Retour à Manizales, et c'est déjà le lendemain et les adieux.
Et je me dirige solito vers Armenia, la capitale du café. Je n'y passerai qu'une nuit parce que l'objectif est Salento où je débarque le 3 octobre. C'est un petit village typique et super tranquille qui m'attend. Et une auberge des plus accueillantes... où je passerai 3 jours à ne rien faire... sauf me reposer et marcher vers la vallée magique de Cocora non loin. Y pousse l'arbre national colombien, ou Palma de Cera del Quindío, un palmier géant tout en longueur qui peut atteindre 70m de haut! Ils émergent de la brume à mon arrivée au fond de la vallée. En continuant sur le sentier, j'arriverai au même parc Los Nevados visité il y a quelques jours depuis Manizales. Mais je n'ai pas le temps et la tente pour y dormir, donc après une bonne truite de rivière servie sur une assiette de patacon géant (banane plantain écrasée au rouleau et frite... exquis!), je retourne en Jeep taxi à l'auberge.
Puis j'arrive à Cali le 5 octobre. Cali, la capitale mondiale de la salsa! Pas la salsa de tomate... la salsa, la danse! Ici tout le monde a l'air de professionnel... mon ami Feyeux se régalerait! La ville est plus chaleureuse que les précédentes, et plus chaude aussi! C'est aussi la ville de las caleñas... les filles les plus belles de Colombie paraît-il? Enfin avec un peu d'aide de silicone, il va sans dire... enfin, je serai un peu déçu... Pour moi, les filles de Bogotá sont bien plus jolies en moyenne... mais je ne suis pas très objectif, je sais : Erika est bogotana. Enfin, le temps de visiter la ville rapidement, rencontrer quelques caleños sympas qui nous emmèneront essayer quelques pas de Salsa dans les bars de la ville, et me voilà reparti deux jours plus tard pour Popayán!
Popayán, la cité blanche! Très jolie, mais il n'y a pas grand chose à faire à part déambuler dans les rues et monter sur la colline voir la vue de la ville. Ce sera donc seulement une escale d'une nuit, et je prends la route de San Agustin au petit matin. Une longue route interminable sur un chemin de terre à une moyenne de 30km/h. On arrive, avec une américaine et un allemand sympas, rencontrés dans le bus, à un village perché dans les montagnes. Les paysages sont superbes (allez voir les photos!!!) et les gens plus qu'accueillants, comme d'habitude en Colombie. Malgré un empoisonnement alimentaire, qui me terrassera pendant deux jours, je vais quand même visiter le parc archéologique de San Agustin où on retrouve des centaines de figurines et sculptures précolombiennes. La plus impressionnante étant réalisée dans le roc à même le sol, où les artistes ont déviés un ruisseau pour qu'il fasse parti de l'oeuvre.
C'est après une journée à rester couché, et avec toujours quelques crampes au ventre, que je prendrai le bus pour Bogotá. Treize heures de route pour passer les quelques jours qui me restent en Colombie avec ma colombienne bien-aimée! On ne veut pas rester à Bogotá pour la fin de semaine, alors on prend un bus jusqu'à Guatavita, à deux ou trois heures à l'est de la capitale. L'histoire de cette petite ville de 7000 habitants mérite d'être racontée. Dans les années 60, on a décidé d'inonder la vallée où le village prenait place pour en faire un réservoir, le « embalse » de Tominé. On a donc construit un nouveau village, tout de blanc, d'une architecture très caractéristique (un mélange de vieux et de neuf), puis on a déplacé la population (et les morts!) avant d'inonder maisons, cimetière, églises et commerces... Il y a quelques années, on voyait encore le sommet du clocher de l'église parait-il. La nouvelle municipalité est maintenant visitée les fins de semaine, par les bogotanos surtout, pour son caractère unique et pour relaxer de la grande ville (il n'y a qu'un bar ici!). Ce qu'on a fait avec Erika, relaxer, et profiter des derniers moments ensemble avant de se revoir au Pérou, prévu pour le mois de décembre. En effet, le hasard fait bien les choses, Eri et sa soeur pensait justement visiter le pays des Incas durant leurs vacances du temps des fêtes. On doit donc se revoir quelques semaines au Pérou, ce qui rendra les adieux plus faciles on espère.
Et malheureusement, ces adieux arrivent vite. Nous voilà de retour à Bogotá, on est le 15 octobre, et j'ai deux jours pour quitter le pays. Ce que je ferais en deux étapes. Premièrement un bus jusqu'à Pasto, dans le sud du pays... 19h!!! Visite rapide et dodo bien mérité. Puis le lendemain matin déjà, deux heures de trajet jusqu'à Ipiales, où je prendrais quand même le temps de visiter le Sanctuaire Las Lajas et son église construite sur un pont au dessus d'un canyon. Joli. Et enfin, un peu plus tard, le jour même de l'expiration de mon Visa, je laisse ma chère Colombie pour retrouver l'Équateur, où j'avais passé un an en 2005. Mais j'en suis certain, j'y retournerai un jour en Colombie!
vendredi, novembre 30, 2007
Retour en arrière 2 : Tour de Colombie, suite et Bogotá, prise 2!
Il n'y a pas que Bogotá en Colombie... Je disais donc que je suis parti m'évader à El Cocuy, à 11 heures de bus à l'est de la capitale. Avec Judith, une sympathique suisse, on retrouve Brian, avec qui j'avais fait le trek à Mérida au Venezuela. On loge au village situé à 2500m dans une vallée près du Parque Nacional El Cocuy, le temps d'organiser le trek. Nourriture, équipement, guide... tous ce qu'on a besoin pour un trek de cinq jours dans un environnement froid et hostile... En saison, il peut y avoir des centaines de touristes sur les sentiers, mais en septembre, avec le froid qu'il y règne, le parc n'est pas beaucoup visité. On ne rencontrera en effet aucune personne durant les quatre jours : ça sera que nous, Judith, Brian, Jamid, notre guide et moi avec nos sacs à dos bourrés de vêtements chauds, de nourriture pour quatre jours, tente, sac de couchage, etc... Et on s'est tous acheté un poncho de pluie (le miens doit peser 2 kg à lui seul!), parce qu'en plus d'être la saison froide, c'est la saison des pluies!
On prend donc un jeep jusqu'à l'entrée du parc à 4100m, Los Hereras. Dans une maison typique, un paysan nous accueille et nous sert un caldo (bouillon avec patates et coriandre, simple, mais j'en raffole depuis!). Puis avec son cheval (pour un prix exorbitant, on le découvra par la suite), il nous aide à transporter un peu de charge pour franchir les 400m de dénivelés difficiles jusqu'au camp de base. 400m ça peut ne pas paraître beaucoup... mais on grimpe jusqu'à 4500m et déjà le mal de l'altitude se fait sentir. Bref, on apprécie la charge réduite pour cette journée d'acclimatation. Après une soirée sous la pluie et une nuit froide (ce n'est pas l'hiver du Québec, mais avec l'humidité et l'altitude, c'est loin d'être agréable...), on est forcé d'attendre toute la matinée la fin de la pluie pour sortir des tentes et manger un bon déjeuner. Puis en après-midi, on franchit la distance jusqu'à notre prochain campement où on monte le campement avant la pluie. Le trek se résumera à ceci, montage du campement, attente dans la tente que la nuit passe (ici il fait noir de 18h à 6h), attente dans la tente que la pluie passe, démontage du campement, marche jusqu'au prochain campement, bis, bis, bis! Dire que j'ai voulu sauver du poids et j'ai laissé mon roman au village! Au moins, j'ai mon paquet de cartes à jouer et mon lecteur MP3 et mes hauts-parleurs portatifs, alors on arrive à ne pas trop s'ennuyer... Bref, pas trop la meilleure saison pour un trek ici... toutefois, on a eu de la chance avec du soleil chaque jour ce qui nous a permis l'ascension jusqu'à la base du glacier Pan de Azucar au jour 3 (5000m) et Concavito au jour 4 (4900m).
On aurait bien aimé grimper un sommet ou deux, mais avec le climat et le manque d'équipement, ça n'a pas été possible. Mais ce qu'on retient par dessus tout, ce sont ces paysages superbes, avec ses sommets enneigés, les lacs d'eau glacière, et la végétation rare mais toutefois présente et bien typique de la région comme ces petits arbres "frailejones" qui poussent de 1cm par an, ou ces fleurs bleues dont j'ignore le nom qui arrivent à pousser dans cet environnent. Et aussi par dessus tout, c'est la solitude, seuls dans ce paysage grandiose. On revient dans l'après-midi du 5ième jour après une boucle de quelques dizaines de Kms, fatigués et avec la seule envie de prendre une bonne douche chaude! Après un bon repas avec notre guide pour le remercier, je saute dans mon lit... parce que, je dois être fou, j'ai décidé de prendre le bus de 4h du matin pour Tunja.
Et El Cocuy – Tunja, mon pire trajet jusqu'à présent!!! Déjà, pour commencer à comprendre, on parle de 8h30 de bus pour une distance d'un peu plus de 200kms. Bref, on parle d'un chemin de 4x4, emprunté par un gros bus Voyageur. Puis, prendre le bus à 4h AM, c'est jamais agréable. Et là, ça commence, dans la première heure, on a droit à deux contrôles policier et un contrôle militaire. Oui, je vous avais dit plus tôt que c'était fréquent, et souhaitable et compréhensible, mais quand on vous réveille 3 fois de suite alors que vous essayez de dormir alors que ça secoue dans tous les sens, et après une nuit courte, et après un trek de 5 jours... Non, c'est pas le fun! Surtout, que j'ai-tu la face d'un paramilitaire moi??? Un peu plus loin, freinage d'urgence!!!! De kessé??? Un autre bus sur le sens inverse, le service Bogotá-El Cocuy... mais la route, elle n'est même pas de la largeur d'un bus! Et à droite une paroi rocheuse, et à gauche... un précipice... On fait quoi? Ils essaient de passer, mais ils sont fous! Bien pour nous, on est dans le bus du côté de la paroi rocheuse... je risque juste que mon sac à dos reste emprisonné à vie dans la soute de droite dont la porte risque bien de prendre un coup en passant si près de ces grosses roches! On est donc chanceux... Je n'en dirais pas autant des occupants de l'autre bus, la plupart n'ont d'ailleurs pas pris de chance, ils sont sortis voir ça de l'extérieur... Finalement, après plus d'une demi-heure de marche avant, marche arrière, ça y est on est passé!!! On reprend la route ne serait-ce que 10 minutes et on s'arrête encore... Il y a un monsieur qui change une roue sur sa camionette... Pour une fois que le chemin avait la largeur de deux véhicules, monsieur a choisi de faire ça en plein milieu... Heureusement, il était sur la fin de son changement de roue, on repart enfin... pour s'arrêter encore quelques fois pour laisser passer des chèvres ou des vaches... Puis BEDANG!!! De kessé encore!&$%? Un trou sur le bord de la voie... je l'avais vu, moi, ce trou... On a accroché quelque chose, le pare choc, je sais pas... ça ne semble pas grave, on repart. À peine une demi-heure de paix relative (parce que toi, tu penses : c'est quoi next???)... On s'arrête pour prendre des passagers sur la route (comme on le fait depuis le début, mais ça c'est normal, c'est pour ça que je ne vous l'ai pas rapporté). Le seul truc, c'est que la bonne femme, après avoir fait signe au bus, retourne dans son logis pour aller chercher quelque chose... quelque chose qui semble être son mari... et ils sont trois à le transporter... mais... il est raide... comme... attends, ils vont pas faire grimper un gars raide mort dans le bus, non??? Avec l'aide du conducteur, ils arrivent enfin à l'asseoir à mes pieds sur le sol du siège de la première rangée... À ma grande joie, il n'est pas mort finalement, mais il est sacrément mal en point... je lui remet son chapeau quelques fois quand sa tête part en arrière... Finalement 15 minutes plus loin, près de ce que j'espère être la clinique du coin, mais qui ressemble plus au bar du coin... Ils le descendent, et à ma grande surprise, il se met à marcher seul, à l'aide de deux bâtons... Et sa femme de dire au chauffeur qu'il n'en n'a plus pour très longtemps... On repart donc, pour retrouver la chaussée asphaltée, enfin... La fin des problèmes? Et bien non... Dans une courbe, tout le contenu d'une des soutes est éjecté sur la route! La porte s'est ouverte... on fait marche arrière pour aller récupérer les paquets... Heureusement, c'est la soute arrière, et mon sac est en avant, enfin je crois... j'ai un doute... mais oui, mon sac est toujours là. Ouf! On arrive malgré tout à Tunja dans les temps... Comment est-ce possible? Faudrait-il que tous les trajets El Cocuy – Tunja soient ainsi?
Après un voyage aussi mouvementé, je décide de ne pas rester à Tunja, qui semble d'ailleurs bien quelconque, et je prends un bus pour Villa de Leyva, trajet qui heureusement se passera sans pépin. Et Villa de Leyva était le lieu parfait dont j'avais besoin! Un joli village où il n'y a rien à faire, à part visiter un fossile géant de 110 millions d'année et un observatoire solaire des indiens Muisca, à une heure de marche... J'y passerai deux nuits (à Villa, pas avec le fossile!!!).
Et puis je retourne à Bogotá où je passe un autre deux semaines... Et je découvre la ville un peu plus profondément, en compagnie de Erika (vous vous souvenez? je vous l'avais présenté dans le dernier message). On sort (ce qui me permet de revoir Luis, un ami que Vicki, une amie du Québec, mais que j'ai rencontré en Équateur, mais qui en ce moment est au Mexique, a rencontré dans un voyage en Europe... je sais, c'est compliqué!!!). On sort donc, concerts gratuits, expositions, on visite, la ville, les alentours... on s'amuse bien... et c'est le temps pour moi de partir vers l'ouest parce qu'après tout, il n'y a pas juste Bogotá!
Retour en arrière 2 : Bogotá, prise 1!
Encore une fois, je ne tiens pas mes promesses, je n'ai pas mis mon blog à jour depuis plus de deux mois! Et les dernières histoires datent de fin août! On s'était laissé au Venezuela, juste avant mon retour en Colombie où j'ai passé près de deux mois de plus. Par la suite, ça a été les retrouvailles avec l'Équateur où j'étais venu en vacances il y a deux ans. Et, surprise... je suis de retour en Colombie!!! Je ne vous explique pas tout de suite (un peu de suspense!), je vais plutôt reprendre depuis où on s'est laissé...
On s'était donc laissé au Venezuela où notre clown Chavez fait encore des siennes (écoutez les nouvelles, je ne suis pas pour tout vous raconter l'actualité politique d'Amérique Latine non plus!!!). Après Mérida je me suis donc dirigé vers la frontière colombienne et Cucutá où je ne me suis pas attardé : j'ai sauté dans le premier bus de nuit vers Bogotá, un joli 14 heures assis.
Le 20 août au matin donc, j'arrive à la capitale colombienne, 7 millions d'habitants! On se dit Colombie, capitale, 7 millions, ça ne doit pas être géniale... et bien non, vous vous trompez comme je l'ai fait aussi!
Depuis mon départ de Montréal, Bogotá est de loin ma ville préférée! Oui, il y a beaucoup de monde ici, mais c'est pas comme à Mexico, on ne les sent pas tous ces gens... et de part sa situation géographique, il souffle souvent un vent bien agréable sur la capitale qui chasse le smog et la pollution. C'est vrai qu'il pourrait faire plus chaud, on parle d'une moyenne de 13 degrés presque sur toute l'année et les nuits sont fraîches... trop fraîches! Et il n'y a pas de chauffage ici, alors on se blotti sous les couvertures pour dormir! Mais il fait régulièrement soleil le matin, et on est près de l'équateur, alors ça chauffe. L'après-midi ça peut se gâter avec un peu ou beaucoup de pluie... Bref Bogotá est en printemps québécois perpétuel... agréable, mais on aimerait que l'été arrive! Et l'été, les bogotains l'ont à moins d'une heure de la ville. Il suffit d'aller en « tierra caliente » un peu tout autour de la ville qui est un peu plus haute que les environs avec ses 2640m d'altitude.
Bogotá, c'est une des villes les plus sûres de Colombie et d'Amérique Latine... Les policiers sont bien présents, amicales, efficaces et fiables (on est loin de la Police hyper-corrompue du Mexique et d'autres pays d'Amérique Centrale que j'ai visité). On entend parfois une histoire d'assassinat ou relié à la drogue, mais pour le commun des mortels (et ça, ça inclus les rares touristes), c'est très sécuritaire, de jour presque partout, et de nuit du moins quand on se tient dans le nord de la ville qui pourrait ressembler à n'importe quelle grande ville d'Amérique du Nord. C'est certain que de voir tant de policiers au début, ça intimide. L'armée et ses soldats en tenu de combat avec M16 ou AK47 au poing, est bien présente partout aussi, surtout autour des endroits stratégiques de la ville. Mais on comprend vite que c'est parce qu'il y a une telle présence de l'ordre que la ville est sûre et se sécurise de plus en plus... D'ailleurs, dans tout le pays, il y a des contrôles sur les routes avec fouille en règle (les hommes seulement, mais les touristes aussi!)... Au début ça aussi, ça impressionne. Mais je préfère une fouille en règle que les pillages de bus par la guérilla ou de truands, de moins en moins fréquents d'ailleurs, voire absents maintenant sur la majorité des routes de Colombie. Et de plus, les policiers et les soldats sont à l'image des colombiens : polis et plus que sympathiques! Il reste qu'ils ont un M16 dans les mains comme un peu partout en Amérique Latine, pis pour un montréalais, ça choque... et on n'en reste pas trop près trop longtemps!
Côté transport municipal: efficace et abordable... c'est tout ce qu'il y a à dire! Trois moyens de se déplacer ici. Le TransMilenio, récent système de bus à rallonge avec voie réservée, et stations comme un métro, dont le réseau s'étend sur toute la ville. Avec en prime tout un réseau secondaire de bus « alimentador » gratuits. Un voyage coûte 1400 pesos (0,70$can). Puis il y a les services de bus « corriente » ou « colectivo » qui complètent le réseau. Un paquet de circuits qui permettent de se rendre pour 1200 pesos (0,60$can) de presque n'importe quel point à un autre rapidement (quand il n'y a pas de trafic). Puis il y a les taxis (tous des voitures sous-compactes de couleur jaune) a un prix accessible (avec compteur merci!) et le chauffeur ne vous arnaque pas, même si vous avez la tête d'un gringo... Un matin, j'ai pris un taxi à Bogotá, près d'une heure dans le trafic sur un trajet d'une vingtaine de kms. Surprise de voir que le compteur affichait seulement 16.000 pesos (8$can) à l'arrivée! Combien ça aurait coûté à Montréal? 60, 80$??? et à New York???!
Bogotá, c'est aussi avec Mexico DF et Buenos Aires, l'une des villes les plus culturelles d'Amérique Latine... spectacles ou concerts gratuits (ou payant, mais la gratuité est toujours appréciée!), événements culturels à l'extérieur dans les parcs ou les rues, musées à y passer des journées... Il y a toujours quelque chose à faire ici! On se croirait à Montréal... quoique pour le nombre d'habitants, on doit quand même compter moins d'événements ici. Mais ça fait du bien un concert de Jazz gratuit dans un parc quand ça fait une dizaine de mois que vous avez quitté Montréal.
Puis il y a le night life... des bars et des clubs, il y en a partout! Et pas juste de la salsa et du vallenato... de tout comme musique, pour tous les genres! Reggae, rock, électronique, pop latino ou américain, alternatif, reggaeton, etc... et bien sur, tout ce qu'il y a de musique latine, de la salsa, au merengue en passant par la bachata! Et toutes sortes de lieux... chics, relax, bizarres... Et il y a... les filles... Beaucoup diront qu'à Medellin ou Cali c'est mieux... pour moi, c'est Bogotá qui domine largement à ce point de vue! On le sait, les colombiennes sont trrrrès jolies de réputation (et je confirme!)... mais en plus, ici elle sont toutes « cutes » et sympas! Enfin, c'est mon point de vue...
À mon premier passage, je suis resté deux semaines à Bogotá. Et qu'est-ce que j'ai fait? C'est simple, non? Vous n'avez pas lu plus haut! :o) Musées, concerts gratuits, soirées en boite ou pour prendre une bière avec des amis... c'est lors d'une de ces soirées, un certain jeudi, dans un bar appelé Escobar Rosas, que j'ai rencontré Erika du nord de Bogotá. Il faut bien l'introduire quelque part, parce que vous allez en entendre parler dans les chapitres suivants! Voilà, c'est fait donc! À part de d'ça??? Je suis allé aussi visiter la cathédrale de sel à Zipaquira à une heure au nord de Bogotá, sculptée à l'intérieur d'une mine de sel... impressionnant! Il y a aussi deux superbes points de vue sur la capitale, depuis le Monserrate, qui domine la ville sur une colline de 500m à l'est de la ville. Puis depuis le sommet de la tour Colpatria, la plus haute de Bogotá, toute illuminée la nuit... Côté musée, tous intéressants. Mais le plus marquant : le musée de la Policia National. Il y a une salle complète dédiée au combat contre le narcotrafic. Avec objets ayant appartenus à Pablo Escobar (ses lunettes, son chandail, ses jumelles, son paquet de cigarettes, et pourquoi pas ses moustaches et ses bobettes!?).
Ah oui, j'allais oublier, l'hostal... En passant, pour ceux d'entre vous qui se demande ce que c'est qu'un hostal, c'est simplement une auberge pour voyageur. On y retrouve des lits (plus ou moins confortables!) en dortoirs, ou en chambre privée, souvent une cuisine, internet, un échange de livre, parfois une lavanderia, et la plupart du temps une salle commune (avec ou sans télé avec câble pour regarder les Simpsons) qui permet de rencontrer d'autres voyageurs. L'hostal, c'est la maison du backpackeur... c'est là où on rencontre ses compagnons de voyage, c'est là où on mange, où on dort, où on se lave, où on laisse ses objets de valeur quand on part pour un day-trip, où on répare le bout de machin qui vous sert tant, où on boit avant une soirée et où on ne fait rien parce qu'on a la gueule de bois de la veille... et tout ça pour la modique somme de 3$ à 10$ par nuit (dépendamment du pays). Bref, c'est un des endroits les plus importants qui permet un voyage agréable... Et Bogotá tient un des meilleurs hostals qui m'a été donné de visiter : le Platypus. Le propriétaire allemand, en Colombie depuis plus d'une dizaine d'année, est une source incomparable d'informations qu'il donne toujours avec le sourire. Et son hostal offre une gamme de services très complets et le personnel est bien sympathique. On ne reste pas deux semaines dans une ville sans un bon hostal! Et Bogotá en a un!
Voilà pour mon premier séjour à Bogotá... (et pas le dernier!) Après ces deux semaines en ville (aussi agréable soit-elle), j'avais besoin de prendre l'air... Direction : El Cocuy pour un trek en haute altitude... à suivre...
mercredi, septembre 19, 2007
Retour en arrière 1 : Vénézuela
Isla de Margarita
Rewind... plus d'un mois en arrière! Juste quelques lignes pour expliquer ce qu'on est aller faire là, avec John, à plus d'une journée de transport de Santa Marta et de la Colombie! Le but premier c'était d'aller faire un cours de Kite-Surf dans ce coin du Vénézuela réputé pour ses vents forts et constants. On avait entendu qu'on pouvait trouver un cours pour l'équivalent d'une centaine de dollars (tout inclus!). Ce qu'on avait pas trop tenu en compte, c'est l'autre centaine de dollars pour se rendre sur place (bus-bus-ferry-taxi et vice versa) et revenir... mais bon, ça en a voulu la peine! Je sais faire du kite-surf maintenant! Pour ceuzzze qui savent pas c'est quoi ça le kite-surf, c'est simple (désolé, j'ai pas pu prendre de photos, ma caméra n'est malheureusement pas étanche à l'eau) ... attachez une planche à vos pieds, et un immense cerf-volant d'une dizaine de mètre-carrés semblable à une voile de parapente (le fameux kite!) à un harnais ajusté à votre taille... et voilà vous êtes équipés! Maintenant, ils vous restent plus qu'à essayer de contrôler le kite (pas trop de problème pour moi, des heures de pratique avec mon mini cerf-volant de traction, ça doit aider)... Une fois que vous arrivez à contrôler le mastodonte, il suffit de comprendre comment le maneuvrer pour créer une force constante qui vous tire de l'eau... on fait ça sans la planche, et ils appellent ça le "body-drag"... moi j'appellerais ça plutôt le "avale-un-paquet-d'eau-de-mer-pouaaa". Finalement c'est pas si dur que ça après quelques heures de pratique! Enfin, vous en parlerez à John, au moment où j'écris ces lignes, il doit avoir été traîné jusqu'à chez lui en Angleterre! Si vous passez l'épreuve du "body-drag", il ne reste plus qu'à monter la planche et sortir de l'eau... C'est ce qui m'a causé des ti problèmes, et au moins 20 litres d'eau de mer dans l'estomac... plus besoin de saler mes pâtes le soir venu! Mais à la fin de la deuxième séance, je suis enfin sorti pour planer plusieurs minutes... vers la gauche... et vers la droite! Pas si difficile que ça une fois sorti de l'eau... et même pas mal plus relax que la planche à voile! Ça y est, je suis accro! J'espère pouvoir trouver d'autre site vers le sud pour en refaire!
Isla de Margarita dans tout ça? Ben, on a pas vu grand chose à part la plage d'El Yaque, faute de temps et d'argent... et faute de bus surtout... tout faire en taxi à 10-15 dollars la shot... un peu trop chers pour nous. Mais l'île est immense, avec ses montagnes (deux chaînes distinctes)... Je pense bien y retourner un jour, parfait pour des vacances d'un mois!
Mérida
Retour vers l'ouest... je laisse John qui est pressé et qui doit arrivé le plus vite possible au Chili un mois plus tard pour prendre son avion vers la maison (il s'est finalement résigné à ne pas traverser l'Atlantique en body drag...). Direction Merida! hum... 18 heures de bus non-stop... mon record! et ça tue! Je rencontre Dex, un sud-africain sympa, à la sortie de bus... à peine arrivé (enfin, presque, après une longue sieste pour moi), on organise un trek sur le Mont Espejo, qui domine la ville, pour le lendemain... Katrijn, de Belgique se joint à nos préparatifs. Puis le lendemain, on rencontre Brian, un british et Andrea, un italien, qui se joignent aussi à nous. Et je revois Andy, de Perth, Australie, que j'avais rencontré à Santa Marta, et qui est maintenant accompagné de sa soeur. Jeep jusqu'à Los Nevados (2700m) où on passe la nuit dans une auberge... Le lendemain, commence la longue montée vers l'avant-dernière station du téléférico à 4000m, ou téléfonico (comme Dex s'est résolu à l'appeler, malgré nos corrections!). On doit d'abord passer par un col à 4200m... sous la pluie... Et avec tout ça, j'ai un méchant mal de tête, certainement dû à l'altitude... Mine de rien, ça fait presque 3000m de gain en 24h. Arrivés à la station, on cherche le refuge. Il n'y en a pas! Puis, miracle, Andrea nous a trouvé une combine, on va pouvoir dormir dans la cuisine de la station, grâce à la complicité du garde de nuit! On passe une nuit au chaud, bien méritée! Le lendemain, mon mal de tête s'est estompé. On quitte aux premières lueurs pour le Pico Espejo. La montée sera dure, mais surtout à cause du sentier verglacé - Andrea et Katrijn regrettent de ne pas avoir mis leur bottes de randonnés. On se rend compte aussi rapidement que le sentier n'est pas marqué, à part la présence de quelques kairns, ces petits paquets de pierres qui nous guident plutôt mal que bien... Après quelques derniers mètres à m'arracher les poumons pour pouvoir avancer, on arrive enfin au sommet, ou presque, à la ultime station de ce plus haut (4865m) et plus long ( 12.5kms) téléférique au monde, made in France, soit dit en passant! Et là, en nous ouvrant la porte de la station, le garde nous demande d'où l'on vient... euh... "d'en bas...". "C'est interdit de monter sans guide"... euh... "Qu'est-ce qu'on fait alors!? c'est qu'on est rendu là!" Il nous laisse rentrer nous réchauffer, on est tous gelés et il pleut... pas question de marcher, on prend la cabine... et là une autre combine de Andrea, on arrive à prendre le téléférique gratis jusqu'en bas! Une bonne douche, une bonne sieste, une bonne bouffe, une bonne bière, l'aventure est finie!
Absurdités vénézueliennes
Les vénézuéliens a qui j'ai parlé ont des opinions mitigés sur Chavez et son gouvernement... Bonnes choses, autres discutables... ce que je retiens c'est surtout quelques aberrations. Première, ils ne s'en plaindront pas, le prix de l'essence est à 0.0233$ le litre! oui, vous avez bien lu! Ce qui fait qu'ils peuvent se permettre de rouler en gros bazous polluants... j'ai vu et respiré des vieux Ford des années 70 en quantité... bonjour le réchauffement global! Autre aberration, le lait... Bonne chance pour en trouver! C'est que Chavez a décidé de baisser le prix de certaines denrées essentielles... Bon geste en apparence. Le truc, c'est que beaucoup de producteurs de lait se sont trouvés ruinés, faute de compensations... Et c'est maintenant presque mission impossible de trouver un carton de lait sur les étagères! Aberration numéro 3: la devise vénézuélienne, le Bolivar. Du fait de la fermeture du pays vers l'extérieur, personne ne veux des Bolivars à l'extérieur du pays, c'est en quelque sorte une devise fantôme. Mais la majorité des marchandises sont importées (comme les équipements de kite-surf par exemple)... et doivent donc être payés en dollars américains ou en euro. Un marché noir de change s'est donc créé pour faire face à la demande de devises étrangères. La valeur officielle du Bolivar est à 2100B / US$, mais sur le marché noir on peut facilement avoir 3500B / US$, et même jusqu'à 4000! Et tout le monde le fait, des gérants d'hôtel aux petits magasins du coin... Rien pour renforcer le Bolivar! Le bon côté des choses pour nous, on économise près de 50-70% sur les prix affichés... ce qui compense un peu le fait que la vie est plus chère là-bas... Enfin à part pour l'essence et... la bière... à 0.30$ la bouteille!!! Mais ne vous attendez pas à une bière de qualité!

